Philippe Vasseur, José la légende

0

Séducteur invétéré et insaisissable, le personnage de José est sans nul doute l’une des figures les plus marquantes de toute l’épopée AB-dienne. Le célèbre chevelu des 90’s n’a rien à envier à un vulgaire Giuseppe de télé-réalité. Non ! José c’est la GRANDE classe par excellence. Doté d’un doigté exceptionnel au synthé, ce macho au cœur tendre compte actuellement à son actif un nombre indéterminable de conquêtes féminines. Il a fait de Béné la femme la plus cocue de France.

Mais au-delà de ses pratiques Don Juanistes, José c’est aussi le bon pote sur lequel on peut compter en cas de galères. Quoiqu’on en dise, ce râleur teigneux et sensible a su gagner une belle sympathie auprès du public tout au long de la tétralogie.

Les sitcomologues ont eu le privilège d’interviewer son interprète, Philippe Vasseur, qui aujourd’hui signe son grand retour, entre les tournages des Mystères de l’Amour et ses toiles en relief. Une interview garantie sans langue de bois et sans rires enregistrés.

C'était moins cher les boissons à l'époque de l'Alfredo's...
C’était moins cher les boissons à l’époque de l’Alfredo’s…

Cheveux, synthé et peinture

Les sitcomologues : Tu as débuté chez AB production en tant que décorateur. Quelles sont les raisons qui t’ont donné envie d’accepter de passer le casting pour le rôle du célèbre chevelu qu’on connaît tous aujourd’hui?

Philippe Vasseur : Je dois un peu ça à mes potes avec qui je bossais à la déco. Quand on m’a proposé le rôle, je ne voulais pas le faire, j’avais la trouille. Ce sont mes potes qu’ont dit que je serais complètement débile de ne pas le faire. Et donc voilà j’ai fait le casting. Puis bon un casting ça n’engage à rien. J’étais pratiquement sûr de ne pas être pris.

José version manga.
José version manga.

LS : On a noté une curieuse ressemblance du personnage de José avec celui de Tristan dans le manga Lucile, amour et Rock’n’roll. Ces deux personnages sont synthé d’un groupe de rock et ont le même look : cheveux longs, petits gilets sans manches. Tristan est amoureux de l’héroïne du manga et a pour rival son meilleur ami Mathias. Tout comme José au début d’Hélène et les Garçons qui tombe amoureux d’Hélène qui elle est éprise de Nicolas. Ne penses-tu pas que Jean-Luc Azoulay s’en est finalement inspiré pour créer le personnage de José?

PV : J’en sais absolument rien, je connaissais pas du tout. Je lui poserais la question.

Abéal, parce que je le vaux bien.
Abéal, parce que je le vaux bien.

LS : Si à l’époque on t’avait proposé de jouer dans une pub pour L’Oréal, tu aurais accepté?

PV : Putain… (rires) Ouais pourquoi pas bien sûr. C’est drôle, je me vois bien. (rires)

LS : Tout au long de la tétralogie d’Hélène, on a l’impression que José a tendance à sacraliser le personnage d’Hélène en l’idéalisant comme une sorte de femme parfaite. Penses-tu qu’un jour il réussira à conclure avec elle ?

PV : Non il n’y a aucun risque.

« Les trucs où ça baisouille, où ça s’embrasse c’est chiant comme la mort, c’est casse couille. Ou alors qu’on nous voit baiser une fois pour toute et qu’on en parle plus »

LS : Dans le Miracle de l’Amour et les Vacances de l’Amour, tu partages de nombreuses scènes avec Laly Meignan. Ce sont d’ailleurs souvent des scènes de chamailleries très comiques. Regrettes-tu de ne pas en avoir eu davantage avec elle dans les Mystères ?

PV : Le concept des Mystères est assez bizarre, il y a plein de décors, beaucoup d’acteurs et on tourne pas souvent tous ensemble. Moi j’aime bien tourner avec les mecs, avec Patrick, Sébastien et Tom parce qu’on rigole bien, parce que c’est sympa. Mais c’est vrai que des scènes de comédies avec les filles, ce serait bien d’en mettre un peu plus. Les trucs où ça baisouille, où ça s’embrasse c’est chiant comme la mort, c’est casse couille. Ou alors qu’on nous voit baiser une fois pour toute et qu’on en parle plus. Parce que là on a plus quinze ans c’est bon quoi.

C'est pas que Philou s'emmerde, mais une scène avec ses potes l'attend.
C’est pas que Philou s’emmerde, mais une scène avec ses potes l’attend.

LS : Dans certains épisodes, on sent que tu t’éclates vraiment à improviser. Est-ce que cette liberté de jeu que t’offre l’improvisation, te plaît plus particulièrement qu’une autre technique de jeu ?

PV : Carrément. De toute façon avec Patrick on passe notre temps à improviser. Et ça c’est un vrai point positif de cette nouvelle mouture. Azoulay nous a donné carte blanche pour faire à peu près ce qu’on voulait à partir du moment où on reste dans les clous. Patrick réécrit beaucoup les séquences et c’est vrai qu’on improvise énormément.

« JLA, c’est quelqu’un avec qui on peut parler, même s’il nous écoute pas »

LS : Certains ex AB ayant côtoyé JLA professionnellement le qualifient comme un grand enfant qui aime s’éclater avec ses jouets. Et toi quel regard portes-tu sur ce génie « hors norme » de la production audiovisuelle?

PV : Avec Jean-Luc, on a été en guerre tous les deux pendant des années pour différentes raisons. Mais c’est quelqu’un avec qui on peut parler, même s’il nous écoute pas. Et puis c’est quelqu’un que je respecte profondément parce que malgré tout ce qu’il se passe c’est lui qui me fait bouffer et puis ça sera sûrement le seul qui me donne du boulot.

"Oh putain, j'aimerais que ce soit moi", dixit Philippe.
« Oh putain, j’aimerais que ce soit moi », dixit Philippe.

LS : L’une de nos sitcomologues a trouvé une photo avec un mec qui pose au côté de Madonna. On trouve qu’il te ressemble fortement. Est-ce que tu nous aurais caché ça?

PV : C’est troublant, mais ce n’est pas moi. J’aimerais bien d’ailleurs. (rires)

LS : Peux-tu nous parler de ta passion pour l’art visuel ?

PV : Je ne suis pas un féru d’art, je n’y connais pas grand-chose. Ce que je fais je ne sais même pas si c’est de l’art parce qu’il y a pas mal de galeristes qui voient ça plutôt comme de la déco qu’autre chose. Je fais ce que j’aime, je fais ce que j’ai dans la tête en me foutant royalement des critiques. Je les accepte volontiers, il n’y a aucun problème mais ce n’est pas ça qui va diriger ma vie. J’aime construire, j’aime peindre, j’ai toujours aimé ça. Maintenant l’avenir me dira si j’ai eu raison ou pas.

« J’aime l’acier, j’aime les boulons, j’aime ce qui est pourri »

LS : Dans tes créations on voit que tu as choisi d’axer ton travail vers un style industriel et maritime. Pourquoi ce choix ?

PV : Parce que c’est tout ce que j’aime. L’idée de départ, c’est quand j’ai fait des travaux chez moi, j’ai acheté une vieille baraque pourrie que j’ai restauré complètement. J’ai fait des essais chez moi en réel pour voir ce que ça donnerait sur des petits modèles accrochés au mur.

 Vasseur, une grande gueule sympathique. Une rareté chez les anciens d'AB.
Vasseur, une grande gueule sympathique. Une rareté chez les anciens d’AB.

LS : C’est très en relief d’ailleurs !

PV : Oui c’est carrément en relief, tout est en volume. J’habite au bord de la mer, j’adore les bateaux. A Saint-Martin d’ailleurs, suite aux différents cyclones qu’il y avait eu, il y avait énormément d’épaves et je passais mon temps à les fouler. Ce que j’aime dans les épaves, c’est le mystère que ça dégage. Et puis aussi l’industriel, parce que j’aime l’acier, j’aime les boulons, j’aime ce qui est pourri, les vieux murs. Tous les matériaux que j’utilise sont neufs. Il n’y a aucune récupération, ce n’est que du bois et du plastique. Dès le départ moi j’ai fait architecture d’intérieure. Ce qui est vachement positif pour moi, c’est que ça m’a appris à voir en volume, à faire de la perspective et sans ça j’aurais de gros problèmes à faire ce que je fais.

LS : Quelles sont tes futurs projets artistiques?

PV : J’en ai pas beaucoup. En fait je commençais la promo de mes tableaux quand on est reparti dans la série l’année dernière donc j’ai tout arrêté. Et donc ça fait un an que j’ai pas touché à un marteau et une scie. Ce qui serait bien c’est que je commence à vendre. Et pour vendre il faut cibler la clientèle, ce qui n’est pas évident.

LS : As-tu des projets d’expos ?

PV : Non mais j’en ai fait quelques unes. Pas dans des galeries mais dans des salons. Notamment le salon de Bastille d’art contemporain l’année dernière.

Le site de Philippe Vasseur :
http://www.philippe-vasseur.net/

Commentaires