Allan Théo, du rock et du sexe

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Le soupir est ce qui lie l’esprit au corps, le passé au présent. Il est cette chaleur intérieure qui ne peut se suffire d’un seul être.

Allan Théo.

Allan Théo, le boy band en solo, est une des plus grandes stars des 90’s. Les sitcomologues se sont intéressés à son cas, depuis son retour fracassant en 2007 sur la toile et sur son passé lié en partie à AB Production. Entretien sans tabous (mais alors aucun) avec Allan, dieu du sexe et du rock’n’roll.

Welcome into the 90's
Welcome into the 90’s

« Tout ce que je faisais était pour me préparer à être reconnu »

Allan Théo a toujours voulu être une star. Quand on lui demande ce qu’était sa vie avant la starification, il nous raconte : « J’avais la sensation d’être toujours dans l’attente. Je travaillais pour gagner ma croûte toujours dans l’optique de faire autre chose. C’est-à-dire que je ne me suis jamais impliqué dans un travail, je n’ai jamais eu de plan de carrière autre que dans le domaine artistique. Autant te dire que c’était long. Sinon, tout ce que je faisais était pour me préparer à être reconnu et vivre de mon activité artistique. »

En effet, on peut lire dans sa biographie officielle qu’Allan était un peu perdu lors de son adolescence : « Après avoir choisi mes études en ouvrant le journal à la page offres d’emploi, je me rends compte que le Commerce International n’est pas fait pour moi. »

Allan est alors un gars (presque) normal : « Bah dans les années 90 je faisais du skate board et du BMX (que je montais à partir de bouts de vélos abandonnés dans mon garage à vélos), je sautais sur toutes les gazelles qui passaient dans le coin. Je volais des desserts à la cantine du Lycée. J’avais la cassette de pum up the Jam dans mon walk man avec des écouteurs oranges. J’me foutais d’la gueule de mon meilleur pote avec ses T-shirt de Sepultura. J’passais des journées sur des pianos. Je faisais du théâtre rien que pour les scènes du baiser. Les potes venaient me chercher le samedi à midi au bahut pour aller au ski. J’allais danser dans les soirées étudiantes. J’allais en boîte en stop en espérant être hébergé par l’habitante au retour. On tirait à la courte paille pour savoir qui allait voler la grille de four de ses parents (et donc se faire massacrer au retour) pour faire une bonne grillade dans la montagne… »

Putain de mèches...
Putain de mèches…

« On m’a dit : On met quoi comme nom sur la pochette du single ? J’ai répondu Allan Theo et voilà »

Heureusement pour lui, alors qu’il traîne sur les plateaux de télévision, il a la chance de tomber au bon endroit sur la bonne personne : « Je postulais pour un boulot de groom sur les plateaux de Jacques Martin pour avoir de quoi bouffer en dehors de mes cours (cours de Jazz subventionnés par les Assedics pour être prof). Celui qui m’a reçu était le programmateur de l’émission. Le projet 2be3 lui était passé sous le nez. Tous ses petits copains se faisaient un max de tunes avec les boys bands. Je suis arrivé, il a lu mon CV, m’a fait passer une audition le soir même et j’étais le 1er de son projet de duo. Sauf que EMI (la maison de disque) n’a voulu que moi. On m’a dit : « On met quoi comme nom sur la pochette du single ? ». J’ai répondu « Allan Theo » et voilà. »

« Rien ne sera jamais plus comme avant »

C’est de cette façon qu’Allan est entraîné dans la vague Boy’s Band, un an après le raz de marée 2be3.

Allan Théo enregistre un méga tube, Emmène Moi, qui cartonne au top 50. Allan est partout, dans le cœur de toutes les minettes. Sa vie change alors du tout au tout : « Ce qui a changé dans ma vie avec le succès ? Avoir si souvent dit : « je le ferai » et le faire c’est une sensation indescriptible et ta place parmi les autres s’en voit complètement transformée. Parce qu’en général les rêves, on ne les concrétise pas. Tu penses bien que les gens, ton entourage, même ta famille qui parfois doutait te voir « Le Faire ». C’est une lame de fond qui retourne les cerveaux. Rien ne sera jamais plus comme avant. Toutes mes relations sont teintées de cette histoire. Quelqu’un qui m’aborde pour la première fois et qui sais ce que j’ai fait aura des a priori, forcément. S’ils sont négatifs, tu passes pour un ange, le mec qui se la joue pas. S’ils sont positifs, il va vouloir imposer sa personnalité, même dénigrer ce que j’ai fait. A partir de là tu passes aisément pour le mec simple qui a des choses à dire alors que sans ces a priori on t’aurait considéré comme quelqu’un de banal. Je pense que malgré tout, il y a une sorte de respect et ce malgré les tentatives de dénigrement parfois violentes. Personnellement, j’en retire une grande force. Aujourd’hui, si j’ai un projet, si j’ai un rêve, je ne pense pas que c’est possible. Je le sais. »

A star is born.
A star is born.

« Le producteur voulait tout contrôler, c’était maladif. Seulement, il n’était pas musicien, il n’avait d’ailleurs aucune expérience dans le monde de la production musicale »

On le voit, Allan est indéniablement différent des autres boy’s band écervelés. Mais il connaît le même sort que ses congénères, obligé de se plier au système, sans aucune marge de manœuvre ni possibilité de recul sur ce qu’il vit : « Les débuts de l’aventure Allan Theo ressemble à sa fin. C’est-à-dire que le producteur voulait tout contrôler, c’était maladif. Seulement, il n’était pas musicien, il n’avait d’ailleurs aucune expérience dans le monde de la production musicale si bien qu’il a dû lâcher du lest et déléguer. Quand ça a cartonné, il est revenu à son état premier de dictateur. Et je me suis cassé. »

Des cris, du succès

Allan est alors un véritable produit commercial. Il enchaîne quelques succès : l’espagnole Sonar et la délicieuse Lola. Tubes désormais mythique pour soirées à thèmes lose sur Youtube, l’album d’Allan Théo, qu’il a écrit lui-même, ne restera pas dans les annales.

Allan résume sans aucune aigreur ses années à lui : « Définir une star dans les 90’s ? Pour ce que j’en ai vécu. Des cris, du succès. Des mouvements de foule, des rues bouchées devant les studios de télé. On se croise, pas besoin d’en parler, on est tous sur le même bateau, on fait notre taf et on nous couve comme la poule aux œufs d’or. Dans le secteur boys band. Une petite compétition mais rien de bien méchant. Je ne pourrais pas vraiment t’en dire plus, je suis plutôt du genre ours. Je ne suis jamais sorti, je n’ai jamais fréquenté ce milieu en dehors des plateaux de télé. »

Allan n’a ainsi jamais vraiment été un people, comme peuvent l’être certains chanteurs actuels. Néanmoins il juge sans complaisance le phénomène boys band auquel il a participé de près ou de loin : « Le parcours des Boys band : comme tout projet purement commercial, les producteurs vont l’user jusqu’à la corde ; on voit d’ailleurs que la plupart des émissions de télé qui remplacent les émissions de variétés usent leur concept jusqu’à l’asphyxie. Pour ce que j’en sais, les membres étaient assez conscients de ce qu’ils faisaient. L’argent étant le principal moteur de leur carrière mais je te rassure, il y a des artistes très connus qui n’en ont rien à foutre de ce qu’ils chantent… (Véridique, j’ai travaillé en coulisse avant d’être devant). A partir de là, toutes les parties étant dans cette optique, pas d’évolution possible. C’est aussi simple. Ça marche puis ça s’arrête. J’ai été en procès pour avoir osé rencontrer des compositeurs qui ne m’étaient pas imposés. »

« Je me suis retrouvé à faire de la danse africaine avec 8 nanas sur le plateau… J’en aurais bien fourré deux ou trois d’ailleurs »

Mais les souvenirs sont tout de même souvent bons pour Allan. Il a eu la possibilité de vivre des choses dingues, comme lors d’un tournage pour M6 à Lyon, dans l’émission des inoubliables Charly et Lulu : « Ouais le Dance Machine à Lyon c’était un truc de dingue ! Y’a un moment y’avait tellement de monde sur la voiture qu’on voyait plus dehors, que des mains, des têtes écrasées. La voiture était bonne pour la tôlerie une putain de Mercos en plus, le chauffeur était dégoûté ! »

C'était sympa de signer.
C’était sympa de signer.

Allan ne connaît toutefois pas les soirées destroy que vivent d’autres stars à la même époque : « La drogue ? Je n’y ai pas beaucoup été confronté. Sans doute d’ailleurs parce que j’étais un ours. Mais il est clair que j’ai fumé beaucoup plus de pétards de skunk de premier choix à cette époque. » Et quand les gens viennent lui parler encore aujourd’hui de cette époque, il garde le sourire et en rit plus que jamais : « Moi j’aime bien des gens qui m’appellent « boy band » ça prouve que je suis toujours en forme. »

Allan Théo finit par disparaître de la surface terrestre presque un an après avoir enregistré « Emmène-moi ». Son dernier plateaux télé reste le Qui et Qui ? spécial célébrités, présenté par Marie-Ange Nardi. Mais l’état d’esprit Allan a déjà changé, il commence à se lasser.

Lors de l’émission, on le voit faire la gueule ouvertement. Allan s’en souvient encore aujourd’hui, et notamment de sa prestation de « Sonar » avec des danseuses africaines : « Ouais je sais j’en avais déjà entendu parlé à l’époque « Tu pourrais faire un effort quand même ! » Le pire c’est que j’avais fait un effort. Putain j’étais vraiment trop con à l’époque (…), bah en fait je me suis fait avoir par David Douillet qui a dit qu’il pensait que je faisais de la danse africaine quand j’étais jeune… Alors qu’il savait très bien que c’était du Trampoline (hé ouais complètement conne cette émission de merde), bref, je me suis retrouvé à faire de la danse africaine avec 8 nanas sur le plateau… J’en aurais bien fourré deux ou trois d’ailleurs… »

« Je commence à me faire chier grave »

La fin d’Allan Théo boy band est subite : « Une fois sur scène, passée l’euphorie, je commence à me faire chier grave, je décide alors d’arrêter les conneries mais du coup, on me colle un procès pour non respect de contrat. »

Mais contrairement aux autres boys band qui sombrent dans la facilité de la dépression (Gérald des G-squad) ou dans le fanatisme religieux (Steven des Alliage), Allan se fout de tout et sort un album : « Au bout d’un an et demi, je suis libre. Pendant ce temps, étant donné que je ne peux signer nulle part, j’autoproduis mon deuxième album (Soupir) avec des titres perso, une vraie délivrance. Aucune maison de disque que je contacte n’en veut : « pas assez commercial mon fils ! ».

Le rock français a peut-être trouvé son sauveur !
Le rock français a peut-être trouvé son sauveur !

Allan est alors seul au monde, lâché par le milieu du show biz qui ne l’a jamais vraiment intégré. Il doit alors se reconstruire, vivre une vie normale de travailleur. Il devient agent de change dans une banque, et continue la musique en passionné. Mais Allan ne cède pas à la facilité, il veut faire la musique qu’il aime.

Comme il le rappelle dans sa biographie, il a été « élevé aux sons des Doors, Pink Floyd et autres Sex Pistols par mon père et à ceux de Diana Ross, Donna Summer et autre Barbara Hendricks par ma mère, j’ai abordé la musique par la flûte de pan vers l’âge de 13ans. Ouais je sais ça n’a rien à voir ! Puis je suis passé au piano Jazz, grâce notamment à M. Keith Jarrett et à son putain de Kholn concert qui tue sa mémé ! Enfin, j’ai commencé à écrire des chansons « pour se pendre » vers l’âge de 15 ans. Et monté des groupes de jazz fusion expérimental avec des morceaux bien compliqués parce que c’était mieux ! »

Allan Théo fera désormais du rock, après un long exil sur les scènes musicales du Québec : « De retour en France, je rencontre Antoine, il me permet d’aller plus loin dans ce son rock qui m’attire, j’intéresse un producteur, nous faisons mon troisième album : THEO. Je commence à écouter des trucs que ma mère, elle-se-suiciderait-si-elle-entendait-ça (les Rage, Soulfly, Deftones…). J’essaie au maximum de cacher mon nom sachant qu’il est connoté dans les médias. L’album est signé chez un label indépendant qui ne sait pas vraiment quoi en faire : « pas de réseau radio mon fils. »

« Beaucoup de rage, de choses à me prouver artistiquement »

Allan finit par monter un groupe, le rêve de sa vie. Il est un tout autre homme désormais : « Pendant des années j’ai été dans la rébellion. Beaucoup de rage, de choses à me prouver artistiquement. Faire le gendre parfait à la télé c’est facile. Convaincre des musiciens à jouer ta musique quand tu n’as plus de maison de disque, et que tu es un « chanteur à minettes » c’est autre chose. Il m’a fallu beaucoup d’étapes à franchir pour en arriver où j’en suis. On ne me voit plus. J’enregistre mon quatrième album. Mon parcours dans le milieu indé n’a rien de fulgurant mais j’ai remporté beaucoup de victoires. Ma rage n’est pas partie. Je pense que je l’ai juste étouffée pendant mes années de célébrités. Maintenant je la savoure, un vrai délice derrière un micro. Et j’y crois toujours. »

C’est le début de l’ère du Théo Group, avec de vrais musiciens et de vraies performances scéniques. Allan monte un site internet, et se permet de lancer une série de vidéos sur Youtube, les Allan Théo is Back, afin de refaire parler de lui, sur le ton de la dérision évidemment !

« Dix années pour arrêter de cacher mon nom »

Le single « Et l’on vit » lance l’album, qui rencontre un succès d’estime, sans le soutien d’un seul média. Beaucoup découvrent alors Allan, un Allan loin de l’image télé, un Allan rock’n’roll et… drôle, incontestablement. Sa musique est inspirée par la scène néo-métal, des groupes comme Celldweller, Deftones ou encore Mass Hysteria. Le groupe permet à Allan de prendre confiance en lui, et de vivre enfin une vraie expérience rock : « Pendant ce temps je monte le THEO-GROUP avec Réjane à la batterie, Sébastien à la basse. En 2006, 2007 on se fend la gueule sur scène dans des petits cafés. On joue même à Solidays en tant que découverte jeune talent. Mais je sens bien qu’il n’y a pas vraiment d’énergie de groupe. Le goût des petits concerts s’essouffle et je décide d’arrêter le groupe au grand soulagement de ses membres. »

 Un album incompris, encore un.
Un album incompris, encore un.

« Je vais faire de la musique sans me demander si ça va plaire aux radios, aux télés, aux maisons de disques, aux rockers, aux branchés »

La fin du groupe est annoncée sur le forum d’Allan Théo. Le doute s’installe chez les fans: que va devenir Allan ?

Heureusement, le chanteur ne se décide pas à lâcher l’affaire et décide de continuer en solo, sous son vrai nom, Allan R : « Il m’a fallu dix ans. Dix années pour arrêter de cacher mon nom, ne pas essayer de monter un groupe pour qu’on ne sache pas que je suis dedans, qu’on ne sache pas que c’est « Allan Theo » qui écrit les chansons et s’égosille en studio ou en concert. Bah voilà, c’est fini. Il est clair que je ne serai jamais accepté dans le « monde » merveilleux du rock avec tous ses codes et ses lieux communs qui rendent ce milieu encore plus formaté que ce qu’ILS nomment péjorativement : La variet’. D’un autre côté, étant donné l’incompréhension totale de toutes les personnes que je connais dans ce milieu de la variété, il est maintenant évident que je rentre plus dans ces codes là non plus, le moindre concert qu’on me propose, c’est pour chanter Emmène-moi… Ou on me dit : tu nous piques une crise là ! Alors tant pis ou plutôt : Tant mieux ! Je vais faire de la musique sans me demander si ça va plaire aux radios, aux télés, aux maisons de disques, aux rockers, aux branchés… Avec tous ces événements passés, je suis encore plus excité qu’avant. Écrire mes chansons, les arranger et les balancer sur scène, c’est un plaisir inouï, j’avais oublié ou peut-être jamais vraiment connu cette extase dans toute sa simplicité, dans toute sa puissance, primale. Je vais tenter de suivre mon instinct, et rien que lui. Alors que je vous écrit, je sens une boule chaude irradier mon plexus, bon sang, je me sens VIVRE ! Merci d’être là, de partager. Merci à vous tous d’être là. »

So goth le graphisme d'Allan...
So goth le graphisme d’Allan…

« Définir un fan d’Allan Theo. Je ne sais pas s’il y a des fans d’Allan Theo d’aujourd’hui »

La carrière d’Allan est donc loin d’être terminée, et les sitcomologues suivront le parcours de cette personnalité hors norme. Et on peut compter sur lui pour refaire parler de lui : « Oui j’aimerais être reconnu, avec ce que je fais aujourd’hui. Être célèbre c’est énormément d’inconvénients mais c’est le prix à payer. Alors oui, j’aimerai redevenir célèbre. » Il semble évident que le chemin vers un éventuel retour d’Allan au sommet de la scène sera difficile. Il suffit de voir les reportages que consacrent les émissions de Jean-Luc Delarue (Ça se discute) ou Estelle Denis (100%Mag), qui ne mettent guère en avant les qualités réelles d’Allan.

Mais Allan peut compter sur le soutien d’une vraie communauté de fans, bien qu’Allan souhaite prendre ses distances, notamment avec ceux qui ont refusé toute évolution : « Je fais de mon mieux pour accueillir mes fans comme il se doit. Maintenant, quelqu’un qui reste bloqué sur le passé, je ne vais pas l’encourager. Pas que je veuille effacer le passé mais je suis du genre à avancer. C’est naturel. Définir un fan d’Allan Theo. Je ne sais pas s’il y a des fans d’Allan Theo d’aujourd’hui. Déjà que je ne m’appelais plus Allan Theo ? Comme tu vois, je n’ai jamais réfléchi à ça. Un fan de moi ? C’est mignon comme concept non ?! »

« Je me suis frotté à AB et là j’ai eu l’impression d’être une pucelle fraîchement débarquée dans un sérail » »

Toutefois une question peut se poser: pourquoi un article sur un chanteur de boy band dans un site sur les sitcoms AB ? Si Allan est un phénomène des 90’s, au même titre qu’un Christophe Rippert ou un Anthony Dupray, peu de personnes savent qu’il a failli lui-même participer à l’épopée des Années sitcoms : « Je me suis frotté à AB et là j’ai eu l’impression d’être une pucelle fraîchement débarquée dans un sérail. J’ai sérieusement failli quitter Paris après 15 jours sur place. Mais le destin a fait que finalement j’ai travaillé avec lui (le prod) sur des émissions et qu’il ne m’a presque plus fait d’avances. Mais une fois star, il ne pouvait plus jouer sur mon intérêt pour le devenir. Ce que j’en retire ? Que l’instinct est la seule chose à écouter. Même si tu passes outre, toujours garder cette petite voix active. Car grâce à elle tu peux prévoir des itinéraires bis. »

Une trogne à se faire sodomiser par un producteur d'AB.
Une trogne à se faire sodomiser par un producteur d’AB.

« Le sexe et la musique. Mes deux neurones ne sont connectés qu’à ça »

Oui, vous avez bien lu, Allan a dû coucher avec un producteur d’AB pour tenter d’obtenir un rôle ! Mais ne comptez pas sur lui pour nous en dire plus : « Non mais je suis tenu par le code d’honneur des producteurs et intermittents du spectacle, je risquerais d’ébranler toute la communauté travailleuse. » Dommage qu’Allan n’ait pu avoir sa propre sitcom. Quand on voit le succès grandissant de la cultissime série basée sur la vie des 2be3, Pour Etre Libre, on se dit que la vie d’Allan aurait mérité cet honneur !

Ceci est d’autant plus vrai qu’un aspect de la personnalité d’Allan ne peut être ignoré lorsqu’on parle de lui: il aime le sexe. En effet chez Allan, musique et sexualité sont intimement liées : « Le sexe et la musique. Mes deux neurones ne sont connectés qu’à ça. Le Sexe, y a rien de mieux. C’est le seul truc magique entre deux êtres. Et on part de tellement loin, on a tellement de barrières, que c’est un bonheur de se s’y « frayer » un chemin. Le reste c’est beaucoup d’emmerdes au fond. »

Dans sa période star des 90’s, Allan a été en effet initié aux plaisirs de la chair. Il a pu multiplier les aventures de toutes sortes. Il nous raconte une anecdote parmi d’autres : « Je repense à la fois où j’ai fait un concert à la Réunion. Au premier rang il y avait une petite métisse avec les yeux verts… Un truc de fou. En plein au milieu d’un titre elle s’est penchée par dessus la barrière de sécurité et en tirant sur le col de son T-shirt elle m’a montré ses seins ! Humm un délice !! C’était en 1999… Je me rappelle encore d’elle c’est pour dire !! »

Se méfier des apparences : cet homme classe est un gros pervers !
Se méfier des apparences : cet homme classe est un gros pervers !

« J’ai testé le tantrisme »

Depuis Allan a tout fait, tout tenté ou presque : « J’ai testé le tantrisme. Quand je dis tantrisme, je m’arrête aux techniques permettant d’avoir un orgasme sans éjaculation (ce qui est réducteur, le tantrisme c’est plus que ça mais le reste je m’en fous). N’ayant (en général) jamais eu vraiment de problème pour faire durer mon plaisir et pour être en accord avec ma partenaire, je ne m’étais jamais penché sur la question. Pour moi, il était déjà formidable de pouvoir avoir un orgasme ensemble (…), puis j’ai rencontré, à plusieurs reprises, (oui, j’ai pas compris là !) des filles qui pouvaient aisément avoir 3, 4, 5 orgasmes consécutifs… Et là, c’était un peu plus compliqué. D’autant qu’il est super difficile de ne pas suivre un fille qui a un orgasme… (les mecs comprendront). Du coup, l’une d’elle m’a donné un bouquin qui traitait des techniques qui permettent d’avoir un orgasme sans éjaculation. En gros, tu as un orgasme mais tu ne passes plus par la phase de repos obligatoire qui fait que ton kiki il redevient tout piti et qu’c’est pas juste… »

Allan n'a pas sa langue dans la poche quand il s'agit de parler de cul.
Allan n’a pas sa langue dans la poche quand il s’agit de parler de cul.

Allan est en fait intarissable sur le sujet : « J’ai un souvenir ému d’une boule de glace au chocolat trônant entre les cuisses d’une miss. J’ai procédé avec délice comme je le fais avec une glace ordinaire, à savoir, pousser avec la langue la glace au fond du cornet… Humm, le résultat fut un cunilingus chocolaté mêlant la chaleur d’un corps à la fraîcheur d’une crème glacée fondante à souhait… Un vrai régal (…), sinon dans le genre j’suis bien bourré, y’a la bouteille de champagne… Avec la petite collerette qui fait du bien aux filles. Surtout si vous faites ça enlevez bien tout le papier aluminium autour du goulot sinon ça va piquer !!! De toute façon, après ça pique alors un peu plus ou un peu moins… »

« Un de mes fantasmes les plus puissants est de me faire violer, aussi bien par une femme que par un homme »

Enfin Allan s’est lancé dernièrement dans l’univers du SM, après avoir pratiqué des simulations de viols sur ses petites amies : « Bien que la limite entre le mental et le physique ne soit pas toujours bien claire, je me classerais dans le répertoire dominant/soumise. Et par là j’inclus d’emblée la relation sexuelle (ce qui n’est pas le cas pour tous les pratiquants). Maintenant, ce n’est pas non plus à sens unique. Un de mes fantasmes les plus puissants est de me faire violer, aussi bien par une femme que par un homme. Et le côté soumis est la seule sensation vraiment agréable que je retire de mon expérience homosexuelle outre l’excitation de la transgression délibérée. Je pense que c’est aussi ce qui m’excite quand je domine.

Allan en plein travail avec sa femme.
Allan en plein travail avec sa femme.

Le fait de ressentir ce que ma soumise vit. Il est clair que c’était en moi depuis l’aube de ma sexualité : mon plus vieux souvenir d’un baiser est teinté de domination car ma « victime » ne voulait pas se laisser faire alors que ces yeux me disaient le contraire. Je lui ai forcé la main et elle a semblé très contente de l’expérience. J’avais sept ans. Je ressens encore ce trouble d’alors. Mais comme je l’ai dit dans un autre post, c’est vraiment l’autre qui m’a révélée. Je dois être instinctivement attiré par cette inclination car pour moi, toutes les femmes sont subjuguées par la puissance et aiment perdre le contrôle, à mon bénéfice. Mais je sais que cela ne reflète pas la réalité. Juste que je n’ai pas encore pratiqué avec une femme exclusivement dominatrice. Cependant, même au sein de cette adéquation, toutes les femmes sont différentes. Certaines, plus libérées et/ou conscientes m’ont donné un coup d’accélérateur. Mon ex détestait qu’on l’immobilise alors que j’ai rencontré de nombreuses autres que ça excitait mais ça ne l’empêchait pas d’être déchaînée en se voyant prise comme une chienne dans le miroir de la chambre… Certaines femmes m’ont fait comprendre qu’elles avaient une envie d’être dominée mais je n’avais jamais fait mon introspection. J’agissais pour elles plutôt que pour moi. L’exploration de mon Moi « pervers » est très récente et je la dois à la femme qui partage ma vie aujourd’hui. Quand je dis « pervers » comprend-le dans le sens « divergent ». Si tant est que les pratiques sexuelles épanouissantes et riches ne puissent être qu’autre chose que le « missionnaire » selon les règles… » [pour lire la suite (très longue) de la prose d’Allan sur le cul, allez ici].

Allan « Patrick Bateman » Theo

Le retour d'Allan et de sa promo... dans le métro parisien !
Le vrai grand retour d’Allan et sa fameuse promo… dans le métro parisien!

Ces échanges avec Allan datent de 2008. Depuis, beaucoup d’événements se sont enchevêtrés dans la vie d’Allan. D’abord, la sortie d’un nouvel album, et surtout du single « Je dérive », désormais culte. Dans sa première version, un clip garanti « non censuré » a provoqué un véritable séisme chez les fans d’Allan Théo, chez ceux qui n’avaient pas suivi de près l’évolution de l’ancienne star des nineties.

Allan Bateman Theo.
Allan Bateman Theo.

Car dorénavant, Allan joue un tout autre personnage, un certain « Monsieur X », largement inspiré par le Patrick Bateman de Bret Easton Ellis. Une analyse du clip vaut donc largement le coup.

« Après un joli plan sur son postérieur musclé, Allan prend sa femme, la baise sauvagement dans le lit conjugal, puis décide de la tuer violemment à coups de couteau »

La fameux cul d'Allan.
Le  fameux cul d’Allan.

On peut l’admirer d’abord dans le quartier de la Défense, drapé dans un beau costume de trader. Puis la décadence commence : « Allan Bateman » enchaîne les vodkas avec ses collègues, rentre bourré chez lui, se remet à picoler puis se roule un pétard devant la téloche. Raide défoncé, il décide qu’il est temps d’aller faire un petit « coucou » à sa femme, qui pionce (sa vraie femme dans le clip, cela à son importance).

Après un joli plan sur son postérieur musclé, Allan prend sa femme, la baise sauvagement dans le lit conjugal, puis décide de la tuer violemment à coups de couteau.

Heureusement, tout ceci n’est qu’un rêve et Monsieur X reprend sa vie « normale »… On le voit, c’est clip assez sensationnel, du jamais vu de la part d’un ancien « boy band ». Il est néanmoins accompagné par une musique vaguement néo-métal, pas franchement de meilleur goût. Mais désormais, la musique ne sera plus vraiment centrale dans la vie d’Allan.

« Je dois à ma femme ma libération sexuelle »

Allan dans un nouveau style de "tournées".
Allan dans un nouveau style de « tournées ».

Le Allan nouveau s’est donc enfin révélé aux yeux du monde. Et la première chose que l’on puisse dire, c’est qu’il s’éclate comme un fou. Celui qui nous avouait ses fantasmes sexuels et qui déclarait avoir envie de tourner un porno prend définitivement le pas sur le Allan « normal ». [1] Sa rencontre avec Sophie, la femme qu’il finit par épouser en octobre 2013 et qui lui donne un enfant, est à cet égard fondamentale.

Allan, toujours aussi cash, l’expliquera sans pudeur à la presse : « Je lui dois ma libération sexuelle« . Sophie entraîne Allan dans le monde subversif de la nuit et des salons érotiques. L’idée est désormais d’associer la renommée d’Allan, ses influences rock et sa passion pour le sexe, pour en faire un cocktail explosif, que l’on qualifiera volontiers de « allanesque ».

Allan toujours dans l'excès. C'est pour ça qu'on l’aime aussi.
Allan toujours dans l’excès. C’est pour ça aussi qu’on l’aime.

Le porno qu’il tourne enfin avec sa femme enflamme rapidement les réseaux sociaux, et dégoûte à vie toute une partie de son public, pas vraiment préparé psychologiquement à admirer la bite et les exploits sexuels d’Allan à toutes les sauces (avec sa femme, la sœur jumelle de sa femme, à la grande joie des médias people).

Pourtant, Allan se moque des critiques et continue de vivre sa nouvelle vie (qui le rend manifestement heureux et c’est tant mieux). En outre, il parvient à jongler entre ses activités « hot » et son image de star 90’s. 2015 marque ainsi le début d’une folle association entre trois renégats des 90’s : Frank-des-2b3, Chris-des-G-squad & Allan himself.

La boucle est quasiment bouclée. Ironie de l’histoire, Allan participe finalement à un boy band, ou plutôt à une terrible association de malfaiteurs reprenant sans honte le son diarrhéique des 90’s.

Coup de génie ou arnaque du siècle ?
Coup de génie ou arnaque du siècle ?

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