Marshmallow, à l’heure d’Hélène et les Garçons

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C’est un amour de Vacances, une histoire sans lendemain.
Christophe Rippert.

Le vrai tube de l’été 2012 n’est pas celui qu’on croit. Hommage probablement inconscient aux 20 ans de la sitcom Hélène & les Garçons, le groupe Marshmallow nous a pondu un clip irrésistible pour le single « A l’heure d’été », chanson unanimement appréciée chez les sitcomologues.

Nous n’avons pas pu nous empêcher d’aller poser quelques questions aux membres du groupe sur la genèse d’un tel clip.

Les sitcomologues : Nous voulions savoir qui avait eu cette folle idée de faire un clip à la « sauce AB production » ? Vous avez tous suivi les années sitcom à l’époque ?

Julien : Ce fut une décision collégiale. La trentaine passée, on a tous baigné là-dedans dans les années 90… On a eu plusieurs idées, comme d’être incrustés dans un épisode à la manière de Weezer dans leur clip « Buddy holly ». Mais ça s’avérait assez compliqué à produire, alors on a décidé de carrément interpréter nos personnages préférés ! C’est notre premier clip, on a recherché l’originalité, faire une vidéo qui marque.

Julien, un deuxième "Faux José" ?
Julien, un nouveau « Faux José » ?

On ne voulait pas se mettre en scène en train de jouer notre titre, on réserve ça pour les concerts. Pourquoi avoir choisi l’univers des séries AB ? Parce que ces sitcoms représentent la culture pop Française mainstream par excellence, c’est une esthétique qui a touché toute une génération.
Faire de la pop, c’est aussi avoir l’ambition de toucher une génération entière. Aussi, comme toutes les œuvres très populaires, il y a un peu un tabou : a-t-on le droit d’en parler ? De connaître ? D’assumer l’avoir vu ? C’était donc assez excitant d’aller chatouiller ces codes un peu interdits mais tellement connus de tous.

Les sitcomologues : On a noté que les références sont plutôt bonnes et le décor assez bien respecté. Même la scène où François lit le livre du « bon dragueur » est bien présente dans Premiers Baisers. Vous êtes allés loin dans la référence à AB, et ça c’est remarquable. Mais pourquoi diable avoir osé mélanger les personnages de Premiers Baisers et ceux d’Hélène et les Garçons ? Parce que vous l’outrecuidance de penser qu’à l’époque Annette pouvait faire un flipper avec José ?

Julien : Tu crois pas si bien dire, on a trouvé des épisodes où tout ce beau monde était mélangé. Notamment un où le groupe joue dans leur garage, et où l’on voit les personnages de « Premiers Baisers » danser comme des dingues sur une chanson pourrie (NDLR : OUI, dans l’épisode spécial nommé La Famille Fou Rire). On était aussi assez tenté de faire un remake d’ « Island détective », autre sitcom AB qui vaut le coup d’œil. Mais ça n’aurait parlé à personne.

Cette "danse" des Jumelles aura donc inspiré un clip 20 ans plus tard. Qui l'eut cru ?
Cette « danse » des Jumelles aura donc inspiré un clip 20 ans plus tard. Qui l’eut cru ?

Les sitcomologues : Cette chanson sent la grenadine d’un mec insomniaque qui a passé l’été à regarder la Nuit des sitcoms sur AB1, la ballade d’un déprimé nostalgique se rendant compte que les années 90 sont désormais très loin et que le lycée est définitivement une époque révolue. Vous vous rendez compte à quel point cette chanson est déprimante pour un sitcomologue ?

Fred : La vérité est que cette chanson a été écrite avant d’avoir l’idée de faire le clip que nous avons fait ! Le texte n’a aucun rapport avec les sitcoms AB. C’est l’histoire d’une fin de nuit blanche très arrosée (pas vraiment à la grenadine)… Symboliquement, ça pose la question « que fais tu de ta vie ? », finalement, quand on réfléchit, un chanteur de pop, à part boire et faire « papapapapapa »… Le clip « clin d’œil » aux années 90 n’était possible que sur une chanson assez clin d’œil elle-même, aux années 60 cette fois. Désolé qu’elle évoque aux sitcomologues le souvenir horrible de leurs propres angoisses ! Bonjour.

Un clip qui ne plaisante pas avec le sens du détail.
Un clip qui ne plaisante pas avec le sens du détail.

Les sitcomologues : Revenons à la musique. Avez-vous été inspiré par les grands rockeurs des années 90 qu’étaient Christophe Rippert, Anthony Dupray ou encore Sébastien Roch ?

Julien : On était assez fan de Cricri parce que c’était un bad boy qui se droguait. Mais bon pour leur musique, je dois bien avouer qu’on est un peu passé à côté…

Les sitcomologues : Pouvez-nous nous éclairer sur un des grands mystères d’Hélène et les Garçons : pourquoi donc chez AB n’a t-on jamais produit un album des Garçons ? Avec un play-back, les cheveux de José et un Patrick Puydebat censé représenter une sorte de « Kurt Cobain français », ça aurait fait un carton non ? Putain, quand on y pense, même Camille Raymond a eu son single…

Julien : C’est à n’y rien comprendre… On n’avait droit qu’à la dernière mesure du morceau qu’ils répétaient. Pourtant ils avaient l’air très satisfaits ! En même temps, s’ils avaient sorti un single, ils auraient dû partir en tournée et là les ennuis auraient commencé…

La drogue, c'est mal.
La drogue, c’est mal.

Les sitcomologues : Si on vous le proposait, aimeriez-vous faire de la comédie ? Il parait qu’on recherche activement un nouveau bassiste dans la nouvelle saison des Mystères de l’Amour… ?

Julien : Faire de la comédie ? Les 2be3 l’ont déjà fait. Aller faire de la basse dans le groupe jadis avec toutes ces filles autour qui ont réveillé nos premières pulsions, mais oui ! A fond ! Mais là c’est plus le même délire.

Les sitcomologues : On a pu vous entendre sur Oui.fm et sur les réseaux sociaux on ne parle que de vous. Bref vous avez le vent en poupe. N’avez-vous pas peur de prendre la grosse tête et que votre groupe implose ? C’est déjà arrivé dans Hélène et les Garçons et ça c’est fini en baston à coups de battes de base-ball…

Julien : AHAHAH ! Mais on était complètement passé à côté de cet épisode !! Quel réalisme ! Ces histoires de viol et de battes de base-ball, c’est vraiment parti en couilles. Merci beaucoup pour cette référence.

Mademoiselle rousse, si tu nous lis…
Mademoiselle rousse, si tu nous lis…

Les sitcomologues : Dernière question : certains d’entre nous souhaiteraient chopper le numéro de tatoo de la Johanna de votre clip. Est-ce possible ?
Julien : En fait, on a tous essayé pendant le tournage. On a quand même choppé son Facebook.

 

 

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