I comme… Internationale

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À deux échelles, l’univers AB a su internationaliser ses sitcoms. D’abord, en exportant ses productions télévisuelles à travers le monde. La folie AB n’a pas seulement frappé l’hexagone, mais a effectivement balayé l’Europe et le reste du monde. Les pays de l’ex-Union soviétique ont été fascinés par ces sitcoms françaises, avec ses étudiants libérés et joyeux. Les Scandinaves sont tombés amoureux d’Hélène et de la langue française, tout comme les Chinois.

Les sitcoms AB ont aussi affiché un véritable brassage de populations, de cultures et de langues. Dans Hélène et les Garçons, l’autre grande star est une Américaine, la fameuse Johanna qui a su faire de son accent un véritable atout de séduction auprès du public français. D’autres Américaines, comme les Jumelles Ever, ont aussi eu les premiers rôles (en jouant des Australiennes dans Premiers Baisers). De même Babsie Steger (la fameuse Hilguegue des Musclés) est Autrichienne, Annette Schreider est une Allemande, Linda Lacoste est « d’Auwstrawlie », Macha Polikarpova une Ruskov…

A première vue, on pourrait croire que les figurants de la cafète ont fait un coup d’État.

Les producteurs ont poussé le vice jusqu’à incorporer quelques comédiens aux origines exotiques, comme le mythique Rudy, un improbable comédien venu tout droit du Sri Lanka. Un bémol néanmoins : si les anglo-saxons se taillent la part du lion, les comédiens issus des « minorités visibles » sont quasiment ignorés : il n’y a pas de Noirs ni d’Arabes dans les sitcoms AB, du moins au sein des personnages principaux. Et quand AB a engagé des comédiens « exotiques », l’humour Michel Leeb n’est jamais très loin : les Noirs sont soit des marabouts, soit représentés par le nain Giant Coocoo. Les Arabes sont incarnés par un ridicule émir du Moyen-Orient dans le Miel et les Abeilles, une caricature de rappeur dans l’Ecole des Passions (Momo) et Adel des 2be3.

Sérieusement les gars ?

Le pire est atteint quand les scénaristes des Nouvelles Filles d’à Côté introduisent un nouveau personnage, celui d’une « Katoochwaze », une Noire provenant d’une ethnie fictive. C’est l’inénarrable Marc qui ramène dans ses valises la jeune femme qui ne parle bien évidemment pas un seul de mot de français, ni même aucune langue occidentale. Sur plusieurs épisodes, un humour « banania » se met alors en place, offrant aux téléspectateurs tous les clichés sur les Africains possibles. En bref, un aspect très gênant des productions AB, relevant néanmoins davantage de la « beaufitude » de l’écriture de la sitcom que d’un caractère ouvertement xénophobe. Mais de quoi vraiment donner au premier Lévi-Strauss venu une irrépressible envie de se prendre. Une manière aussi de signifier peut-être que l’univers AB reste avant tout une affaire de « blancos » ?

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