G comme… Gougnafier

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Insulte du patois du Sud signifiant « bon à rien » ou une personne « rustre » et déjà remise au goût du jour dans les années 90 par le film « Les Visiteurs » (« c’est pas deux amnésiques c’est deux gougnafiers ouais il pataugent dans la cuvette des chiottes »). Dans AB, cette insulte est l’apanage des « anciens », parmi les rares personnages « seniors » peuplant les sitcoms. Monsieur Charvet est le maître à penser du « gougnafisme » dans l’École des Passions, mis à l’honneur par nos soins dans un remixe digne des pires sons réalisés à la gloire du mythique Gérard de Suresnes. Plus récemment, c’est dans les Mystères de l’Amour que Laly a pu offrir une seconde jeunesse à cette insulte aussi culte que surannée.

Toutefois, en ce qui concerne les véritables insultes de la vie quotidienne, il faut convenir que le langage dans les sitcoms demeure très policé, pour ne pas dire châtié. Jamais on entendra de « putain », « fais chier ». Pas même un bon vieux « va te faire foutre sale enculé ». Dans un reportage sur les coulisses des Années Fac en 1997, on pouvait découvrir pourquoi les protagonistes des sitcoms était aussi polis. En effet, alors que la scénariste Patricia Bitschnau évoque le sujet, tentant désespéramment de convaincre son producteur d’utiliser un langage plus actuel, Jean-Luc Azoulay développe son argumentation, qui vaut ce qu’elle vaut : « C’est pas parce que j’ai pas envie, le CSA nous laisse une paix royale sur le langage. Mais si tu veux, si on commence à parler argot, d’une part il y a des différents argots selon les régions et puis c’est pas notre style. »

Au bout de quelques années, l’étau se desserre peu à peu et on finit par enfin entendre un « salope » directement dans la bouche de Virginie (évidemment pour dire qu’elle n’en est pas une, ce qui peut se débattre mais là n’est pas la question).

L’extrême politesse de l’ensemble des protagonistes accentue ainsi le caractère fade et tiède des sitcoms, et provoque cette sensation d’irréalité totale qui est la marque de fabrique des productions AB. Il faudra attendre le « combat » de José qui mènera une lutte acharnée afin que les personnages des sitcoms puissent enfin jurer comme tout le monde. Il sera ainsi, et c’est sa grande fierté, le premier à dire « merde » chez AB. Quel homme.

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