D comme… Dominatrice

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La dominatrice ou « femme salope » est une figure clé de l’univers AB. D’Isabelle la peste de Premiers Baisers à Nathalie l’infâme séductrice de la sitcom d’Hélène, le tableau de la vision de la femme chez AB est édifiant. D’autres « salopes », moins évidentes, règnent aussi de main (et de pied) de maître : Justine, Adeline/Manuela, Linda… La liste est longue.

Néanmoins, il faut admettre que quel que soit le sexe du personnage, tout le monde se trompe allègrement dans les sitcoms, au point qu’on peut parler d’AB comme d’un véritable « club échangiste ». Le feuilleton à l’eau-de-rose des Années Fac se transforme ainsi progressivement en « Les Années Fuck », tandis que la sitcom des Filles d’à Côté aurait facilement sa place dans la catégorie « milf boobed » des sites pornos d’aujourd’hui. Car oui et contrairement aux apparences, les héros de sitcoms ont beaucoup de relations sexuelles. Passés les premiers épisodes « gamins » de Premiers Baisers et d’Hélène, c’est l’orgie permanente. Le canapé du garage du groupe de rock des Garçons est régulièrement souillé par les batifolages des protagonistes de la sitcom phare d’AB. Dans la Philo selon Philippe, les lycéens investissent carrément dans la location d’un « repaire » pour faire ses petites affaires.

Thomas Fava, manipulateur, pervers... et soumis !

Et la place des femmes dans tout ça ? Le message peut sembler contradictoire. D’une part avec Hélène, la haute figure sacrée de l’univers AB, ce sont les valeurs de fidélité et d’amour inconditionnel qui sont mises en avant. Mais pour le reste, les femmes demeurent dans leur grande majorité infidèles, incapables de résister à leurs pulsions sexuelles. Bien évidemment, les garçons sont tout autant volages et coureurs, mais dans leur cas, c’est « normal », du moins plus tolérable. Certains personnages en viennent même à théoriser leur sexualité compulsive. C’est le cas par exemple du Cri-cri d’amour, de José ou de l’intenable binôme Luc et Anthony. Mais quand ce sont les femmes qui ont la mauvais idée de vivre le même type de vie sexuelle que ces machos, c’est le drame : elles sont soit considérées comme de pures salopes (Isa, Nathalie), soit en pleine crise d’hystérie (Virginie), ce qui conduit à la punition suprême, le viol (Manuela).

Certes, une fille n’est pas systématiquement jugée quand elle a des relations sexuelles. Mais elle doit toutefois coucher avec un garçon dont elle est amoureuse. Sinon, c’est une « salope », une fille méprisable. Même le personnage de Lola, qui est en apparence l’archétype de la jeune fille moderne, assumant de posséder un groupe de garçons à ses pieds (les fameuses « Abeilles », s’avère en réalité très puritaine. Son idéal est en effet le même que toutes les autres : rencontrer le grand amour avec lequel elle aura plein d’enfants et une grande maison.

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