Morgan Vasner, Gédéon d’Un Homme à Domicile

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Gédéon c’est effectivement le vrai enfant des 90’s, le gamin type de la génération Club Do, l’Homo Dorothus. Il joue à « Dragon Zin Boule » et se moque de sa sœur qui écoute Christophe Rippert. Nous avons eu aussi la chance de retrouver Morgan Vasner aka Gédéon, qui a bien grandi depuis ses débuts dans Un Homme à Domicile. Il nous livre ainsi une interview bien plus intéressante que son ancienne collègue, Cassandre Guéraud, qu’on pourra lire en bas de page.

« J’avoue que moi-même je ne regardais jamais ces séries lorsqu’elles étaient diffusées »

Les Sitcomologues : Quels souvenirs gardes-tu de cette sitcom diffusée sur France 2 ?
Morgan Vasner : Je garde un excellent souvenir de Un Homme à Domicile. C’est la plus longue sitcom dans laquelle j’ai joué, et je dis souvent que ce fut la meilleure expérience de ma vie (avec Extra Zigda et les Vacances de l’Amour). Je suis conscient que la série n’a pas rencontré un franc succès, mais pour moi qui était enfant (et de la génération Club Dorothée), jouer pour AB productions et connaître l’envers du décor des plateaux de tournage (beaucoup plus opaque à une époque où la télé-réalité n’existait pas encore), c’était pour moi quelque chose de merveilleux.

Gédéon, l'adorable tête blonde d'AB.
Gédéon, l’adorable tête blonde d’AB.

LS : Quelle était l’ambiance sur le plateau?
MV : L’ambiance était très bonne. Je n’ai d’ailleurs jamais eu la sensation de travailler, mais il faut dire que jouer la comédie pour un enfant me semble plus naturel. Pour un adulte, c’est un vrai métier avec lequel il doit gagner sa vie. J’ai souvent entendu dire que les enfants ne sont pas beaucoup appréciés sur les plateaux de tournage. Pour ma part, j’entretenais de bons rapports avec tout le monde, et je me sentais très épanouis. Je dirais même que j’étais très choyé aussi bien par les acteurs que par le personnel technique, qui étaient toujours soucieux de mes besoins. Mais je ne suis pas dupe. La vision que je donne ici est celle d’un enfant émerveillé, qui réalisait cependant beaucoup la chance qu’il avait d’être ici. Avec le recul j’imagine que lorsqu’il y avait des conflits et des tensions, les gens étaient assez intelligents pour m’en tenir à l’écart.

Morgan dans Extra Zigda. Décidément toujours mal accompagné ce garçon.
Morgan dans Extra Zigda. Décidément toujours très mal accompagné ce garçon.

LS : Avec du recul, que penses-tu d’Un Homme à Domicile et de Extra Zigda par la même occasion?
MV : Comme je l’ai dit plus haut, je garde un très bon souvenir, autant de Un Homme à Domicile que de Extra Zigda. C’était le même univers, les mêmes méthodes, et souvent les mêmes personnes derrière la caméra. Là encore cette deuxième sitcom n’a pas rencontré le succès escompté, et j’ai été une fois de plus très déçu de devoir arrêter. Certains me disaient que ces sitcom étaient «nunuches» ou «cul-cul la praline», pour reprendre des vieilles expressions. Je comprends tout à fait ce point de vue, et j’ai appris à ne pas m’offusquer lorsque des gens critiquent ces séries. J’avoue que moi-même je ne les regardais jamais lorsqu’elles étaient diffusées. Mais je crois qu’encore aujourd’hui, les gens n’imaginent pas l’envers du décor, et l’ambiance à la fois plus adulte et paradoxalement plus ludique des plateaux de tournage. C’est cela qui vraiment me plaisait. Le chemin était beaucoup plus passionnant que la destination.

« Je représentais le stéréotype du petit garçon occidental tel qu’on le concevait dans les années 80/90 : petit, blond, coupe au bol »

Le Gédéon made in USA.
Le Gédéon made in USA.

LS : As-tu été pris au casting par rapport à ta ressemblance avec Danny Pintauro de « Madame est Servie » ?
MS : Alors là vous m’apprenez quelque chose ! Je n’ai jamais entendu parler de cet acteur, et pourtant ma mère était une fan inconditionnelle de « Madame est servie » ! Je viens de regarder et je dois admettre que la ressemblance est tout à fait frappante. Vous avez donc sûrement en partie raison. Mais nous étions cependant très nombreux sur le casting (plusieurs centaines si ma mémoire est bonne). J’ai pour habitude de dire que mon avantage à l’époque, c’était non pas d’avoir quelque chose de particulier, mais justement de représenter le stéréotype du petit garçon occidental tel qu’on le concevait dans les années 80/90 : petit, blond, coupe au bol.

Autrement dit, je pense que la ressemblance a joué mais pas entièrement : trouver des enfants qui ressemblent à Danny Pintauro ou à moi, est quelque chose de très facile pour des agences de mannequinat pour enfants. Je pense que la ressemblance était un préalable, mais pas l’unique critère de sélection. Je ne saurais vous dire ce qui a fait la différence pour la directrice de casting de l’époque, je n’en ai aucune idée (ou peut-être que je ne m’en rappelle plus).

LS : Que penses-tu de Jean-Luc Azoulay ?
MV : Que du bien. Il a toujours été très gentil et généreux avec moi, comme tous les autres, très à l’écoute et respectueux de mon « travail ». J’ai cru comprendre que certains dressent parfois un portrait au vitriol de Jean-Luc et d’AB productions. Je ne me permettrais pas de remettre en cause leur opinion, et je me dis qu’ils ont sûrement leurs propres raisons. Mais je serais injuste de faire la même chose. Des rapports que j’ai entretenu avec lui, je ne retiens que des bons souvenirs. Vous devez penser que j’ai une vision «bisounours» d’AB productions (et vous avez sûrement raison !).

Mais encore une fois je n’ignore pas le fait qu’étant enfant à l’époque, on m’a peut-être épargné un certain nombre de choses. On dit que le milieu de la télévision est un monde de requins. C’est peut-être vrai, mais pour avoir travaillé dans d’autres milieux, je peux vous dire que c’est la même chose ailleurs.

LS : Et Jean-Luc Azoulay s’est-il inspiré de ton caractère pour le rôle de Gédéon ?
MV : Non je ne pense pas. Tout d’abord parce que Jean-Luc avait déjà imaginé la série et ses personnages, avant que je sois sélectionné pour interpréter Gédéon dans Un Homme à Domicile. Et ensuite parce que Gédéon (et Jonathan dans Extra Zigda) étaient des garçons espiègles et parfois turbulents, ce qui n’était pas du tout mon cas. J’ai toujours été quelqu’un de calme et studieux. Qui voudrait d’un personnage avec un tel caractère, dans une sitcom qui se veut humoristique et divertissante ?! Mais je n’avais aucun mal à jouer le rôle de ces personnages au caractère différent du mien.

Pas le dernier à faire le con le Gédéon. En effet, dans la vraie vie ce mioche aurait fini à la DASS...
Pas le dernier à faire le con le Gédéon. En effet, dans la vraie vie ce mioche aurait fini à la DASS…

LS : Ces derniers temps, AB1 rediffuse régulièrement Un Homme à Domicile. Est-ce que ça te nuit personnellement ? Tu prends du plaisir à revoir des épisodes ?
MV : Les rediffusions ne me nuisent pas du tout. Je pense qu’il y a malgré tout peu de gens qui les regardent, et encore moins qui pourraient me reconnaître ! Il y a toutefois depuis quelques temps, de nombreux anonymes qui me cherchent sur Facebook (avec une certaine corrélation avec les horaires de rediffusion) ! Cela me flatte, et j’apprécie de répondre aux questions des gens quand ils en ont. En revanche, ils doivent comprendre que je suis comme eux et non une personne publique, c’est pourquoi je refuse toujours d’aller au-delà. Aujourd’hui (comme à l’époque), je ne regarde pas ces rediffusions. Je ne ressens aucun dégoût envers cette série loin de là ! Mais je n’ai jamais eu envie de les regarder, et je me suis toujours demandé pourquoi. Je pense que c’est parce qu’un épisode « fini », n’est selon moi qu’une pâle copie de tout le travail et le plaisir que j’avais à jouer. Je me dis souvent « ah comme ça à l’écran ce n’est peut-être pas super, mais quelle ambiance et que de bons souvenirs sur le plateau » !

Vacances gratos pour "Gédéon" en compagnie de Patrick et Isabelle.
Vacances gratos pour « Gédéon » en compagnie de Patrick et Isabelle.

« J’ai été dans le même collège/lycée que celui qui se fait appeler aujourd’hui Mickael Vendetta »

LS : Les critiques à l’époque ont-elles été violentes contre toi ? Toi aussi, tu as dû vivre avec l’étiquette AB, que ce soit dans la presse ou avec ton entourage…
MV : Je n’ai jamais été embêté par la presse. Je n’ai été interviewé que deux fois, et c’était à chaque fois pour des magazines qui appartenaient à AB productions. Mon entourage proche ne m’a jamais non plus posé de problèmes, il a même été d’un grand soutien. En revanche je dois dire que les réactions dans le milieu scolaire (de la part des élèves bien sûr, mais aussi de certains professeurs), ont parfois été très dures. Je pense qu’il y avait une part de jalousie, de méconnaissance, et tout simplement de bêtise enfantine. Je ne leur en veux pas, nous étions des enfants, tout est bon pour chambrer !

Et puis il y a eu aussi quelques personnes qui trouvaient cela très bien (notamment des professeurs qui faisaient de leur mieux pour me permettre de concilier école et tournages). Ce que je vais dire va peut-être vous surprendre, mais j’ai été dans le même collège/lycée que celui qui se fait appeler aujourd’hui Mickael Vendetta (Adon). Et je me rappelle très clairement qu’il m’avait félicité pour ce que je faisais (même si je pense que lui ne s’en rappelle pas, car nous ne nous connaissons pas). Cela m’avait marqué, car c’était à une époque où la majorité de mes camarades avait la dent dure envers moi. Je suis donc assez amusé par son « succès », sans pour autant cautionner les excès de son personnage.

La jeunesse Dorothée à l'écran dans les 90's.
La jeunesse Dorothée à l’écran dans les 90’s.

LS : Quelle est ton actu aujourd’hui ? Tu es toujours comédien ?
MV : Pour des raisons personnelles, j’ai dû arrêter ma modeste carrière il y a 10 ans de cela (non sans regrets). Je pense que je ne refuserais pas si une opportunité de redevenir comédien se présentait à nouveau, mais j’ai aujourd’hui une vie très éloignée du monde du spectacle. Je suis engagé dans de longues études universitaires. Je préfère ne pas en dire plus sur ma vie actuelle.

LS : Avec l’ère Facebook, est-ce que tu en as profité pour renouer le contact avec tes anciens collègues de cette série ?
MV : Curieusement non, et je le regrette ! Et j’ai par la suite rapidement perdu contact avec toutes les personnes que j’ai rencontré sur les plateaux d’AB productions. Il me serait facile de reprendre contact avec elles mais que voulez-vous….on se néglige !

La soeur de Gédéon était Marie, celle qui a eu l’outre-cuidance de ramener le clodo à la maison des Girard. Comme Morgan, elle n’est pas devenue comédienne. Si elle a bien accepté de répondre à nos questions, on ne peut pas dire que ce fut fort passionnant.

  • Les sitcomologues : Comment vous êtes-vous retrouvée dans cette aventure ?
    Cassandre Guéraud : Très bien (ndlr : Ah…ok!)

    A l'image de notre interview de Cassandre, le personnage de Marie est totalement inutile.
    A l’image de notre interview de Cassandre, le personnage de Marie est totalement inutile.

    LS : Le scénario vous a-t-il plus?
    CG : Moyen, en même temps j’avais 12 ans…

    LS : Vous aimiez quoi dans votre personnage ?
    CG : Tout était fait pour que tout se passe bien surtout pour nous les enfants (ndlr : Certes…)

    LS : A l’inverse, il y a des choses que vous n’avez pas aimé ?
    CG : Oui, les périodes d’attente entre les séquences.

    LS : Comment était l’ambiance sur le plateau du studio 107 ?
    CG : Elle était très bien au 107, mais après nous avons déménagé au 104 qui était beaucoup plus petit.

    LS : Comment avez-vous supporté les quelques critiques dans la presse vis-à-vis de cette sitcom?
    CG : Franchement j’ai fait plein d’interview mais j’ai pas vu de critique car j’étais petite.

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