Julie Caignault – La même histoire / Collection de garçons

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Garçon ou fille, homme ou femme, il n’y a que des individus fiables ou non.
Françoise Giroud.

Après le succès relatif du single Lola aime le chocolat et ses histoires de fesses arrondies, Julie Caignault décide de poursuivre son œuvre comico-musicale.

« La Même histoire est un titre enregistré à la va-vite pour avoir un deuxième single à chanter lors des concerts gratuits à la Grande Halle de La Villette, offerts par la Mairie de Paris à l’occasion des vacances de Noël »

Deux nouvelles chansons voient le jour en cette belle année 1992. C’est Julie Caignault en personne qui revient pour nous sur la genèse de ces titres : « La Même histoire est un titre enregistré à la va-vite pour avoir un deuxième single à chanter lors des concerts gratuits à la Grande Halle de La Villette, offerts par la Mairie de Paris à l’occasion des vacances de Noël. La ‘face B’ est Collection de garçons. Ce sont des textes et musiques de JLA et Gérard Salesses. » [1]

Ces deux chansons, frappées du sceau du fameux duo des productions musicales AB, correspondent plutôt bien au personnage d’Isabelle, puisqu’il est question de nymphomanie et de difficulté à tomber amoureuse du bon garçon.

Musicalement on tombe encore plus bas, puisque le chant de Julie se rapproche dangereusement de celui de Dorothée (cette fameuse voix vinaigrée que vomissait Télérama).

« Un énième torchage salessien »

La même histoire est un titre délicieusement ringard dans la minuscule discographique de Julie. Au niveau de la production, le son bien phat, avec le sax qui double la basse, les couplets à deux accords, sonnent clairement comme un énième torchage salessien dans lequel le tralalère domine.

Difficile ainsi de ne pas se surprendre à pouvoir apprécier le single de Julie, malgré sa nullité intrinsèque, d’autant que les « nanananana » de Julie se révèlent être – à notre insu – étrangement entraînants.

Un résumé de la carrière musicale de Julie en un gif.
Un résumé de la carrière musicale de Julie en un gif.

Au niveau des paroles, Julie chante une sorte de complainte anti-garçons (« Dès qu’ils nous ont c’est la fin de la chanson »). Collant bien au personnage d’Isabelle, incapable de faire confiance en amour à un garçon, la chanteuse clame haut et fort « qu’avec les garçons, c’est toujours la même histoire, ils feraient n’importe quoi pour nous avoir. »

On comprend néanmoins que Julie soit dans l’obligation de nous préciser que ce second single ait été produit « à la va-vite ». Surtout, Julie insiste bien sur le fait qu’elle n’a rien à voir avec la musique, ni avec les paroles, contrairement à son précédent single. Normal.

« J’aime les garçons, et j’en fais collection »

La face B Collection de garçons, dans la veine du précédent titre, est objectivement une autre catastrophe musicale. Ou une chanson encore plus « culte », selon le point de vue.

Cette fois, Julie chante son amour pour les garçons, comme si elle était en quelque sorte l’Isabelle de Premiers Baisers  (« J’aime les garçons, et j’en fais collection »).

Le final du titre nuance toutefois le caractère relativement provocateur des lyrics. Julie dit en effet attendre l’élu, le garçon qui sera, dit-elle, « ma joie, ma passion (…) mon avenir et mon horizon. » Donc pas si salope et plutôt sage, finalement.

Fabien et Julie, une belle complicité.
Julie, une comédienne sulfureuse.

« La musique de Julie est une sucrerie, dont il ne faut surtout pas abuser, mais qu’on savoure avec un plaisir coupable »

Niveau son, on s’engouffre sans honte dans le sous-Dorothée, avec les inévitables sonorités surannées, des sons de cloches (!) et l’éternelle boite à rythme.

De même pour le chant, Julie offre à ses auditeurs un drôle d’ersatz de la madone du Club Dorothée, ainsi qu’une prononciation parfois horripilante (la prononciation du mot « heureuse » en roulant artificiellement les « r »). On reconnaît certes la voix de Julie, une voix de Lolita, moitié innocente, moitié peste. La musique de Julie est finalement une sucrerie, dont il ne faut surtout pas abuser, mais qu’on savoure avec un plaisir coupable.

  • Chant : 2/5

    La voix de Julie peine à se démarquer de la grande prêtresse Dorothée. On reconnaît néanmoins son timbre, si caractéristique. Mais on regrettera le manque de sensualité qu’on avait pu entrevoir dans le tube de Lola.

    Musique : 3/5

    On ne peut pas vraiment dire que Gégé Salesses se soit foulé pour la carrière de Julie. Les deux chansons de Julie sonnent comme des chutes ratées de studio d’un album de Dorothée. Du positif quand même, pour l’aspect ultra-kitsch du résultat final. Vive le tralalère !

    Paroles : 2/5

    Largement en deçà du coup d’éclat de Lola aime le chocolat, les lyrics de cette seconde fournée paraissent bien fades en comparaison. Pourtant, il y avait du potentiel. On reconnaîtra toutefois le « talent » de Jean-François Porry pour pondre des textes aussi mauvais. Une vraie performance.

    Prestation & Esprit AB : 1/5

    L’univers musical colle bien au personnage d’Isabelle de Premiers Baisers, même si on aurait aimé plus de sous-entendus sexuels, plus de provoc de la part d’une figure aussi rock’n’roll qu’est Julie Caignault. Malheureusement, pas de clip tourné. Mauvais point.

    Total : 8/20

    Pas la moyenne, faut pas déconner.

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