Dreams, le bilan

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Un rêve sans étoiles est un rêve oublié.
Paul Eluard.

Passé l’émotion naturelle de voir une nouvelle série frappé du sceau JLA production, l’heure est au bilan. La première impression est plutôt positive : c’est beaucoup moins catastrophique que prévu. Seul hic : il y a beaucoup trop de défauts.

Un bonheur de revoir Bruno le Millin.
Un bonheur de revoir Bruno le Millin.

« Bruno le Millin aka Monsieur Girard s’est bien démerdé »

Pour commencer par les bons côtés, le casting. On est forcément content de (re)voir des comédiens étiquetés « AB » , ou plutôt « JLA », dans un nouveau contexte (même si le sitcomologue restera en terrain connu puisque le lieu du tournage est le même que celui des Vacances de l’Amour). Bruno le Millin s’est bien démerdé.

On a vite pu noter que passé les trois premiers épisodes, le naturel a repris le dessus : le comédien mythique de Premiers Baisers a démarré la série avec une voix grave, un ton sérieux, pour finalement nous offrir du Monsieur Girard pur jus (et avec des costumes improbables). Il n’a malheureusement pas été aidé par les ficelles énormes du scénario : le fait qu’il ne reconnaisse pas sa fille Julia à partir du moment où elle est déguisée, maquillée tel un pot de peinture et coiffée d’une vulgaire perruque de pute n’a pas été franchement très crédible. Et on est un peu déçu d’en conclure que cette comédie de situation n’a pu pas être réglée au bout des 40 épisodes…

Margot et son odieux look copié à Vivian Ward. Heureusement que la comédienne est sexy...
Julia (ou Jess) et son odieux look copié à Vivian Ward. Heureusement que la comédienne est sexy…

« Audrey Moore a été fidèle à elle-même et à son jeu, et voir un bout de poitrine à la fin de la saison nous a particulièrement enchanté »

En outre, deux belles confirmations : Nico Van Beveren et Olivier Bernard. On avait vu que les deux lascars avaient un certain talent dans les Mystères de l’Amour. Deux beaux gosses, charismatiques. Deux valeurs montantes. De son côté, Audrey Moore a été fidèle à elle-même et à son jeu, et voir un bout de poitrine à la fin de la saison nous a particulièrement enchanté.

Bel hommage aux 2be3 dans ce groupe 100% torses poils.
Bel hommage aux 2be3 dans ce groupe 100% torses poils.

« Thomas-de-Secret-Story a fait le boulot, quoique tout en retenu »

Dans le reste du casting ô combien bordélique, on pourra retenir la sympathique interprétation de l’ex Whatfor. Avec ses potes musiciens, ils nous ont fait tout le long de la série une magnifique prestation toubifriste, c’est à dire 100% torse poil. Le public gay a du apprécier. La « star » du show, Miss « Alice Roucoule », en plus d’avoir un patronyme qui nous fait beaucoup rire, s’en sort assez bien, sa belle plastique aidant. Même Thomas-de-Secret-Story a fait le boulot, quoique tout en retenu. On aimerait toutefois bien le voir déprimer sur son kiki dans l’hypothétique saison 2.

Mention enfin à la sublime Tonya Kinzinger (et son blase de pornstar), décidément toujours aussi sexy. Une MILF comme on en fait plus. C’est les gars de Sous le Soleil qui doivent être dégoûtés de pas l’avoir eu pour leur casting.

Un come-back comme on aimerait en voir plu souvent. Merci Julie.
Un come-back comme on aimerait en voir plus souvent. Merci Julie.

« L’idée était de montrer les émissions de télé crochet côté backstage. Force est de constater qu’on y apprend pas grand chose… »

Au niveau de l’histoire en elle-même, on ne s’attendait pas à grand chose. L’idée était de montrer les émissions de télé crochet côté backstage. Force est de constater qu’on y apprend pas grand chose. Mais l’effet Saint-Martin combiné aux inévitables coups de pute, ainsi que des filles en maillots de bain… eh bien ça marche toujours. Un cocktail gagnant, forcément. Il faut saluer la prestation de Julie Piétri, qui s’est donnée à 100%, dans un esprit soap US vintage. Et c’est franchement une réussite. La voir pousser le vice jusqu’à éliminer physiquement les adversaires de sa fille, c’est subliment nanardesque. Par contre, il est vraiment dommage que l’on subisse des leçons de moralité sur la fin : sa repentance nous a laissé un goût amère, mais si on se doute qu’elle sera rapidement effacée.

« On aurait pu penser que le matraquage avait atteint son apogée avec la propagande Hélène Rollès imposant ses tubes dans la mythique sitcom ? Eh bien non, NRJ12 a mis ici le paquet »

Et la musique vous nous direz ? Parce que oui, c’est la base de la série, son essence, sa raison d’être. A nôtre avis, beaucoup ont du craquer psychologiquement au bout de quelques épisodes. On aurait pu penser que le matraquage avait atteint son apogée avec la propagande Hélène Rollès imposant ses tubes dans la mythique sitcom ? Eh bien non, NRJ12 a mis ici le paquet.

Dès le générique, on bouffe du « Je veux tout », puis on remet ça entre deux scènes, puis à la musique de la pub, puis lors de multiples mises en abîmes quand Luka la compose, puis au générique de fin sans oublier les inévitables previews. Et comme on est maso, on se prend en pleine gueule les autres musiques plus nulles les unes que les autres… Parfois, on a aussi droit à quelques « tubes » connus, tels « Call me Maybe », ce qui, il faut bien l’avouer, n’est pas vraiment un réel plaisir non plus.

Une série essentiellement pour mater... teen vs mature, faites vôtre choix.
Une série essentiellement pour mater… teen vs mature, faites votre choix.

« Le Elsa Esnoult show »

Comme on parle des choses qui fâchent, il faut dire deux mots sur le cas Elsa Esnoult, qui joue Margot, la peste arriviste aidée de sa mère (Julie Piétri), forcément machiavélique. JLA a manifestement décidé d’en faire sa nouvelle star, une sorte de mixe entre Hélène (la frange ?), Julie Caignault (physique enfantin et caractère de biatch) et Mallaury Nataf (sensualité et petits boobs).

Si on a déjà tâté le terrain des Mystères de l’Amour, on est au courant que JLA trouve Elsa géniale, que pour lui elle a un talent fou, que tous les producteurs (donc lui) veulent se l’arracher…etc. On a déjà aussi eu un aperçu de son chant (pas nul mais pas transcendant non plus). Avec Dreams, c’est l’apocalypse. On nous offre un abonnement illimité à E.E : elle chante, danse, sourit benoîtement, pique ses crises, complote avec sa môman mais reste quand même une « gentille », parce que faut pas aller trop loin non plus. Seul point positif, visuellement parlant, la voir dandiner des fesses sur les plages de Love Island n’est pas déplaisant, loin s’en faut.

Le sentiment de malaise n'est jamais bien loin avec Dreams.
Le sentiment de malaise n’est jamais bien loin avec Dreams.

Autre cas : Magalie Vaé. Beaucoup ont été bienveillants à son égard, et pourquoi pas. Mais il faut aussi dire non. Au moins, Dreams a le mérite de ne pas la cantonner uniquement au rôle de la grosse rigolote (encore que ça se débat) et on prend le pari qu’en cas de saison 2 son personnage sera un peu développé. Mais par pitié qu’elle change, ou qu’elle s’achète un nouveau rire. Merci d’avance.

« On peut en conclure que Dreams a un beau potentiel… »

Enfin dans ce qui nous a gêné, on ne préfère pas trop parler de Rochelle, qu’on apprécie forcément énormément, mais qui a un personnage (Mary) sans intérêt et dont le potentiel est très mal exploité. La voir en tête à tête avec son verre de Mojito est bien trop frustrant pour s’en contenter. L’hypothétique rapprochement de son personnage avec celui d’Olivier Benard (Chris) vers la fin semble la chose intéressante. C’est pour ça qu’il faut miser sur une relation Mary/Chris si saison 2 il y a.

Un final un tantinet trop bon enfant.
Un final un tantinet trop bon enfant.

Alors au final, on peut en conclure que Dreams a un beau potentiel. C’est une série rafraîchissante et qui mériterait bien de s’installer dans la durée. Il faudra corriger quelques points qui paraissent essentiels : revoir la réalisation, bien trop cheap. Améliorer les musiques, vraiment bas de gamme pour des gens qui ont des oreilles (pas de simples auditeurs de NRJ en gros). Ne pas se laisser aller à l’utilisation de trop grosses ficelles, pénibles sur le long terme (l’identité de Miss Roucoule par exemple). Enfin, améliorer le rythme (trop lent), et se « lâcher » en approfondissant les meilleures pistes : celle du père de Luka (le faux Guillaume Canet) est bien à nôtre goût.

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